Rencontre du Préfet de Guadeloupe avec la filère apicole
APIGUA présente son projet d’Indication Géographique Protégée pour le miel de Guadeloupe
Morne-à-l’Eau, le 17 avril 2026 – Dans le cadre de ses visites officielles, le Préfet de Région a rencontré ce vendredi 17 avril, de 15h à 17h, les acteurs de la filière apicole guadeloupéenne sur l’exploitation de Gérard VALIER. Cette rencontre, riche en échanges et en perspectives, a permis de présenter les avancées scientifiques et les enjeux stratégiques liés à la création d’une Indication Géographique Protégée (IGP) pour le Miel de Guadeloupe.
Une mobilisation collective pour la filière apicole
Autour du Préfet de la région Guadeloupe, Thierry Devimeux, étaient réunis :
- Jean Bardail, Maire de Morne-à-l’Eau et Président de la Communauté d’Agglomération du Nord Grande-Terre (CANGT),
- le Professeur Narcisse ZAHIBO, Vice-Président à la valorisation scientifique et Doyen de l’UFR Sciences exactes et naturelles de l’Université des Antilles,
Marie-Ange Arsène, Professeure des universités, Directrice du laboratoire COVACHIM-M2E (Université des Antilles),
Benoît Foucan Perafide, Docteur en chimie, spécialiste des miels de Guadeloupe, dont les travaux de thèse ont permis une caractérisation scientifique approfondie des miels du territoire,
Les représentants de la DAAF,
Olivier César Auguste, Président de l’IGUAVIE (Interprofession de l’élevage de Guadeloupe),
Jacques Passave, Président de la SICA Myel Peyi Gwadloup.
Le Conseil d’Administration de l’APIGUA et son Président Tony PRUDENT,
Cette rencontre a été l’occasion de mettre en lumière les spécificités des miels de Guadeloupe, leur lien unique avec la biodiversité locale, et les défis auxquels la filière est confrontée.
Un projet ambitieux : l’IGP Miel de Guadeloupe
L’APIGUA a présenté au Préfet les travaux de recherche menés sur la caractérisation des miels, ainsi que le projet de dossier pour l’obtention de l’IGP. Cette reconnaissance permettrait de :
Protéger l’origine et la qualité du miel produit en Guadeloupe,
Structurer la filière et améliorer les revenus des apiculteurs,
Valoriser la diversité des miels (monofloraux, polyfloraux, miels de terroir),
Renforcer la traçabilité et la confiance des consommateurs.
Une dégustation de 4 miels d’exception, médaillés au Concours Général Agricole cette année, a illustré la signature gustative unique des miels guadeloupéens, renforçant l’argumentaire en faveur de l’IGP.
Les défis de la filière : entre concurrence et enjeux territoriaux
Les échanges ont également porté sur les difficultés rencontrées par les apiculteurs, notamment :
La concurrence des miels importés, souvent présentés de manière trompeuse comme locaux,
L’accès limité aux financements, malgré l’existence de dispositifs comme le POSEI ou le FEADER,
Les difficultés de préfinancement des aides,
La vulnérabilité des exploitations face aux aléas climatiques et aux vols de ruches,
Le besoin de sécurisation foncière pour les infrastructures de la filière.
Le Préfet a pris acte de ces enjeux et a renvoyé vers les collectivités territoriales (communes, Département, Région), notamment pour l’obtention de foncier et l’accompagnement des projets via le FEADER.
Prochaines étapes : vers une reconnaissance officielle
La création d’un comité de suivi préfectoral a été évoquée afin de :
Coordonner les actions entre les acteurs publics et privés,
Intégrer la pollinisation dans les politiques publiques territoriales,
Accompagner la filière dans ses projets structurants, dont l’IGP.
L’APIGUA, avec le soutien de ses partenaires, poursuit son engagement pour une apiculture durable, valorisée et reconnue, au service de la biodiversité et des consommateurs guadeloupéens.
Des engagements concrets pour structurer la filière
Au-delà des constats partagés, cette rencontre a permis de dégager plusieurs orientations importantes pour l’avenir de la filière apicole guadeloupéenne.
L’Université des Antilles a exprimé sa volonté de renforcer son accompagnement aux projets de terrain, en favorisant une application concrète des travaux scientifiques menés ces dernières années sur les miels de Guadeloupe. Cette dynamique vise à mieux connecter recherche, innovation et développement de la filière.
La commune de Morne-à-l’Eau, ainsi que la Communauté d’Agglomération du Nord Grande-Terre, se sont engagées à accompagner la filière dans la recherche de solutions foncières, enjeu central pour le développement d’infrastructures et la mise en œuvre du projet de valorisation du miel.
De son côté, la Préfecture, représentée par Thierry Devimeux, a pris pleinement acte des difficultés structurelles rencontrées par les apiculteurs. Les services de l’État ont indiqué leur volonté de travailler avec l’ensemble des partenaires afin de faciliter la mobilisation des dispositifs de financement existants, notamment dans le cadre du FEADER, et d’accompagner la filière dans la résolution de ses principales contraintes.
Ces premiers engagements constituent une base de travail importante pour faire émerger des solutions opérationnelles et adaptées aux réalités du territoire.





